Pourquoi vos interventions n'ont pas l'impact que vous espérez ?

Pourquoi vos interventions n'ont pas l'impact que vous espérez ?

Tu prends la parole, tu partages ton expertise… et pourtant, l’audience ne retient presque rien.

Frustrant, non ? Si tes interventions manquent d’impact, ce n’est pas une question de talent, mais de structure. Découvre comment transformer chaque prise de parole en moment marquant et mémorable.

Sabrina Touabet - Publié le 18 février 2026

Entrepreneures, il est temps de parler d'argent !

On en parle

Cette semaine, un entrepreneur m'a confié : "J’ai fait une présentation devant 50 personnes. Mais j’ai l’impression que ça n’a eu aucun impact, personne ne m’a recontacté après.”

Moi : “Comment tu as structuré ton intervention ?” 

Lui : “Classique. J’ai présenté l’entreprise, nos valeurs, nos offres, nos références. J’ai mis des slides avec des chiffres. Il y avait tout ce qu’il fallait.” 

Voilà le problème : c’était une pure présentation commerciale, et non une prise de parole en tant que telle. 

 

  • Une présentation commerciale : “Voilà qui je suis, voilà ce que je fais, voilà pourquoi vous devriez acheter.” 

 

  • Une prise de parole : “Voici un problème que vous vivez, voilà comment je le vois différemment, voilà comment moi je l’aborde et je le traite, voilà ce que ça change pour vous.”

 

La différence ? L'impact.

Une présentation commerciale informe tandis qu’une prise de parole transforme. Votre audience vit littéralement un avant/après. Après une présentation commerciale, les gens se disent que c’est intéressant et ils oublient. Mais après une prise de parole, les gens se disent que vous avez complètement raison, que vous avez visé juste, qu’ils n’avaient jamais vu le sujet comme ça. Puis ils vous contactent.

Le problème, c’est que trop de dirigeants pensent que bien parler en public, c’est parler de soi, de son entreprise, de son offre.

Faux.

Bien parler en public, c’est parler AU public de LEUR problème avec VOTRE regard. Et ça, ça demande de sortir du mode commercial pour entrer dans le mode partage, empathie et conviction. Pas donné à tous, je vous l’accorde.

On applique

Voilà comment construire une intervention qu’on n’oublie pas.

 

Étape 1 - Partez du problème de votre audience, pas de votre solution


Mauvaise ouverture : “Bonjour, je m’appelle [X], je suis fondateur de [Y], on accompagne les entreprises sur [Z].”

Bravo, vous venez de perdre 80% de l’attention.

 

Bonne ouverture : “Combien d’entre vous ont déjà vécu cette situation : vous lancez un projet stratégique, tout le monde dit oui en réunion, et 3 mois plus tard rien n’a avancé ? [pause, les gens lèvent la main] Exactement. C’est le sujet dont je veux vous parler aujourd’hui.”

Bravo, vous venez de créer une connexion.

 

Les gens se reconnaissent, ils veulent savoir ce que vous allez dire.

Commencez toujours par un problème que votre audience vit.

 

PS : à une exception prêt → si on vous demande spécifiquement de vous présenter en amont d’une prise de parole, faites-le ;-)

 

Étape 2 - Structurez en 3 temps : Constat / Décalage / Action


Toute bonne prise de parole suit cette structure :

  • Le constat : “Voilà ce que j’observe. Voilà le problème tel qu’on le vit tous.” Vous décrivez la situation actuelle, vous la nommez pour la rendre tangible.

 

  • Le décalage : “Mais en réalité, le vrai problème n’est pas là. Il est ici. Et voilà pourquoi.” Vous apportez votre regard unique, vous décalez la vision et vous faites réfléchir autrement.

 

  • L’action : “Voici ce qu’on peut faire concrètement et voilà par où commencer.” Vous donnez des leviers actionnables et partager des premiers pas.

 

Cette structure marche pour une intervention de 20 minutes comme pour une conférence de 1h.

Elle crée une progression :

Je reconnais le problème → je comprends autrement → je sais quoi faire.

 

Étape 3 - Assumez votre point de vue


Les prises de parole molles ne marquent pas.

“Il faut peut-être penser à...” = mou “

On pourrait envisager de...” = mou

“Il serait intéressant de...” = mou

 

Assumez votre conviction :

“Le problème, c’est que vous confondez urgence et priorité.”

“Arrêtez de recruter tant que vous n’avez pas structuré vos process.”

“Votre stratégie LinkedIn ne marchera jamais si vous ne clarifiez pas votre positionnement avant.”

N’ayez pas peur d’être direct, cash, affirmatif, tant que vous restez respectueux des autres et que vous êtes dans une démarche d’amélioration (être cassant juste pour casser = c’est non).

Un public ne retiendra pas les nuances, il retiendra les affirmations claires.

 

Vous avez peur de froisser ? Pas grave.

Mieux vaut froisser 20% et marquer 80% que plaire à 100% et n’être retenu par personne.

 

Étape 4 - Racontez des histoires concrètes


“Il était une fois…”

À la simple évocation de ces mots, vous voyez comme on est déjà embarqués ? Et ce n’est pas anodin.

Nous avons été bercé et nourri par des histoires, de notre plus jeune âge à aujourd’hui. Ce sont les histoires qui fédèrent, qui bousculent, qui éveillent, qui transforment…

 

Au lieu de dire : “La structuration est essentielle pour scaler.”

Racontez plutôt une anecdote :

“La semaine dernière, j’accompagnais un dirigeant qui tournait à 70h par semaine. Il gérait absolument tout. Quand je lui ai demandé pourquoi il ne déléguait pas, il m’a répondu que personne ne sait qui fait quoi. Voilà le coût d’une mauvaise structuration : 70h de travail hebdomadaire pour le dirigeant.”

L’histoire ancre alors que le concept, lui, s’oublie.

Pour chaque point clé de votre intervention, préparez une histoire courte (même 30 secondes) qui l’illustre, donnez des exemples.

 

PS : des histoires vraies, n’est-ce pas…

 

Étape 5 - Terminez par un appel clair


Ne terminez jamais par “Merci de votre attention.”

Terminez par ce que vous voulez que les gens FASSENT après votre intervention.

“Cette semaine, je vous propose un exercice simple : listez vos 3 priorités stratégiques. Puis regardez votre agenda de la semaine dernière. Si vous n’avez passé aucun temps sur ces priorités, vous avez votre réponse.”

“Si un seul point devait vous rester de cette intervention : arrêtez d’attendre que la situation soit parfaite pour agir. Choisissez UNE action cette semaine. Et faites-la.”

“Je vous laisse avec cette question : qu’est-ce qui changerait dans votre business si aviez (enfin) un vision stratégique claire et actionnable ?”

 

Un appel clair, une action, une question.

 

Quelque chose qui reste en mémoire.

Ce qu'on en retient

Cette semaine, si vous avez une intervention prévue (réunion, présentation, conférence) :

  1. Identifiez le problème principal de votre audience
  2. Ouvrez par ce problème (pas par votre présentation)
  3. Structurez en Constat / Décalage / Action
  4. Préparez 2 histoires concrètes
  5. Terminez par une mise en action

 

Si vous commencez par “Je m’appelle X, je fais Y”, recommencez. Cette fois, commencez par le problème que vous résolvez.

 

La différence d’impact sera immédiate.