Prix Ambition d’avenir Emmanuelle Daparo

Sous du bois, des emplois

Les bois exotiques sont très recherchés par le secteur du luxe et la Guyane française en est riche. Ce constat a incité Emmanuelle Daparo à créer « Sous le fromager » avec la volonté de créer des emplois et du développement local, de rendre disponible et de valoriser une matière première précieuse, d’accroître la production de meubles et d’objets de décoration 100% français. Des ambitions fortes qui se sont réellement concrétisées.
Un prix « Ambition d’avenir » donc bien mérité !

Votre ambition en créant « Sous le fromager » ?
J’ai voulu créer une entreprise qui ait du sens et non pas seulement répondre aux besoins d’un marché haut de gamme. Je me suis inscrite dans une démarche éthique et pérenne : les bois sont exploités sans déforestation, nous contribuons à l’essor d’une fabrication en « bois pays », c’est-à-dire en bois français et surtout, ce qui était le plus important pour moi, j’ai créé 4,5 emplois. Car je souhaitais que mon projet ait du potentiel en terme de développement local, qu’il contribue à l’économie du territoire guyanais.

Pourquoi ce prix était-il important pour vous cette année ?
Ça faisait 5 ans que je travaillais sur ce projet. Il était temps de montrer le chemin parcouru. Parce que notre démarche est assez atypique, nous avions besoin de la faire valider. C’était la première fois que nous concourrions dans un challenge et nous l’avons gagné. En interne, ce prix a créé une émulation et nous a apporté de l’énergie. En externe, il a eu un effet très positif sur nos partenaires institutionnels et financiers. Être primé montre que notre engagement et notre réussite sont reconnus, signifie que nous avons du potentiel.

Vos perspectives d’avenir ?
Sur les marchés de niches où nous nous situons, les potentiels se dessinent petit à petit avec le lancement de nouveaux produits. C’est, par exemple, grâce à notre gamme de cadeaux d’entreprise que nous fabriquons aujourd’hui des stylos. Les projets d’envergure que nous cherchons à déployer avec des artistes et des designers réclament du temps, des moyens financiers et des compétences. Nous venons de recruter un tourneur deux jeunes menuisier-ébénistes sont entrés en formation chez nous depuis la mi-août. Nous commençons à travailler avec des entreprises guyanaises, en plus de l’export. Nous venons d’obtenir un prêt de la BPI pour étoffer notre parc machine. Nous avons un projet de partenariat avec ALCADOM, une association clé pour le développement et la formation dans les DOM TOM… L’avenir s’annonce à la hauteur de nos ambitions.


Propos recueillis par Isabelle Leprévots, conception rédaction, juillet 2016